Archives de
Catégorie : Reviews & Critiques

[ Review ] L’Oracle Celte des Arbres

[ Review ] L’Oracle Celte des Arbres

Bonjour à tous !

On a déjà pas mal parlé ogham par ici, avec toute une série d’articles consacrés à ce sujet, or il se trouve que, parmi mes jeux de cartes, j’en ai justement un sur ce thème là. Pour continuer encore un peu dans la même veine, que diriez-vous d’une nouvelle review d’oracle ?

Oracle Celte des Arbres, Liz et Colin Murray

Cette fois-ci, place donc à l’Oracle Celte des Arbres de Liz & Colin Murray, ou plutôt dans mon cas, du Tarot Celte des Arbres. Je possède en effet la première édition de ce jeu, avant que son titre n’ait été modifié afin de mieux refléter son contenu. Malgré ce petit nom trompeur, il ne s’agit donc pas d’un tarot, mais bien d’un oracle, comptant un total de 25 cartes, correspondant aux 25 caractères de notre cher alphabet celte. Je ne possède pas la réédition de ce jeu, mais j’évoquerai tout de même quelques-unes des différences existant entre les deux un peu plus loin dans l’article.

En attendant, qu’est-ce qu’il y a dans ce coffret ? Les cartes, bien sûr, mais également un livre d’accompagnement de 123 pages en noir et blanc, un carnet de notes détachables pré-rempli pour y inscrire ses tirages et se les remémorer par la suite, et enfin, un dépliant imprimé sur lequel on retrouve la méthode de tirage associée au jeu (à photocopier pour pouvoir y retranscrire chacun de ses tirages plus en détail) ainsi qu’un pense-bête répertoriant les principaux mots-clefs associés par l’auteure aux oghams.

Plutôt axé développement personnel que divination, c’est un oracle que j’aime bien utiliser pour tout ce qui relève du domaine de la spiritualité, pour savoir quel chemin suivre et sur quoi me concentrer. Pour les questions plus terre-à-terre, je ne l’ai jamais trouvé très pertinent et je lui préfère aujourd’hui d’autres decks de ma collection (avec le Petit Lenormand en tête de liste).

A ce jour, il s’agit de mon seul et unique jeu d’ogham sur un support cartes, ma préférence pour ce système allant davantage vers d’autres formats, comme les rondelles de bois par exemple. Il existe bien entendu d’autres oracles sur ce thème, dans des styles tout à fait différents, tels que le Voice of the Trees de Mickie Mueller, ou encore le Green Man Tree Oracle de John Matthews (petite annonce au passage : ce dernier n’étant plus édité, si jamais quelqu’un l’a en sa possession et souhaite s’en séparer, je suis ouverte au troc !)

C’est le premier jeu de cartes avec lequel j’ai réussi à m’entendre et, de fait, c’est un oracle que j’ai beaucoup, beaucoup utilisé à une époque. Après mon expérience catastrophique du Tarot de Marseille, je lui suis restée tellement fidèle qu’il est resté quasiment mon seul jeu pendant de nombreuses années (le second étant l’Oracle des Druides, de Philip & Stephanie Carr-Gomm). Aujourd’hui, je le sors bien moins souvent qu’avant, mais je garde évidemment une affection particulière pour ce petit jeu qui ne paye pas de mine au premier abord, mais qui m’a permis de démêler ou d’avoir un éclairage sur bon nombre de situations.

Et puis, hey, c’est quand même le jeu qui m’a permis de découvrir l’ogham ! 😉

Quelques cartes de l'Oracle Celte des Arbres

• Les points forts du jeu

🌿 La boîte en bois

Un petit privilège de l’ancienne édition ! Du vrai bois, avec une reproduction du design général des cartes collée dessus. Plus tard, lors de sa réédition en version « Oracle » et non plus « Tarot », ce coffret a été remplacé par une boîte en carton plastifié des plus banales.

Oui, bon, cette boîte n’est pas à se taper le derrière par terre, il y a des traces de colle dans les recoins et la jolie teinte caramel doré n’est pas toujours uniforme (oui, travailler cette matière à longueur de journée m’a fait devenir plus exigeante sur ce genre de détails), mais malgré tout, elle est en bois, et cet effort de conception mérite vraiment d’être noté. Je ne m’en sers plus pour ranger mes cartes depuis belle lurette, parce que ces dernières se promènent trop à l’intérieur à mon goût, mais hey, je vous ai dit qu’elle était en bois ?

Avouez quand même que pour un oracle ayant pour thème les arbres, c’est absolument parfait.

🌿 La qualité des cartes

… qui est vraiment EXTRA. En plus d’être agréables à regarder, les cartes de ce jeu sont plus que solides. Les miennes ont plus de dix ans, et elles paraissent encore toute neuves malgré une utilisation assez intensive pendant une longue période (mon deuxième plus vieux jeu ne peut pas se targuer d’un tel exploit, lui, loiiiiin de là). Épaisses et rigides, avec un fini au vernis brillant qui, étonnamment, ne gène pas le brassage. Les cartes ne restent pas collées entre elles, et d’un autre côté, elles ne glissent pas trop non plus, il est rare que j’en laisse une s’échapper (et pourtant, j’ai deux mains gauches).

Bref, rien de plus à ajouter sur ce point-là, ces jolies cartes sont vraiment agréables à mélanger et à manipuler.

🌿 Le format du livre

Là-dessus comme pour les cartes, l’éditeur ne se fiche absolument pas de la tête du client, car c’est un vrai livre relié qui est proposé dans ce coffret. Re-lié. Avec des cahiers cousus. Pas un petit livret blanc imprimé et agrafé à la va-vite, ni un truc broché avec la moitié des pages qui se décollent et se font la malle après trois ouvertures. Hormis quelques fines rayures sur la couverture dues aux déménagements et aux autres rares fois où je l’ai sorti de la maison, 10 ans plus tard, il est comme neuf lui aussi.

Son seul défaut ? Son contenu, malheureusement. On en parle juste après.

Oracle Celte des Arbres, étude de la carte "Sorbier"

🌿 Son petit côté vintage

Les goûts et les couleurs sont propres à chacun, n’est-ce pas ? En ce qui me concerne, j’adore le caractère un peu ancien de ce jeu, avec ses illustrations semblables à de vieilles gravures, ses teintes monotones et quelques peu passées. On le croirait sorti d’un vieux grenier ou d’une bibliothèque aux étagères oubliées. Et ça tombe bien, parce que cet oracle, c’est mon p’tit vieux, le tout premier jeu que je me suis offert, un vrai trésor, et une relique du passé que j’aime dépoussiérer de temps en temps pour me perdre dans ses entrelacs de branchages et de feuilles.

• Ce que j’ai moins apprécié

🌿 Le contenu du livre

Côté typo, la mise en page est agréable, quelques coquilles par-ci par-là. Le contenu, en revanche, me fait un tout petit peu hérisser les poils des bras quand je le parcours aujourd’hui. Bon nombre de bêtises y sont énoncées, certaines idées reçues sur le druidisme sont invoquées un peu à tout va… D’autres éléments paraissent totalement farfelus, et je ne peux résister à la tentation de vous citer un passage qui parlera de lui-même : « Il est dit que les Druides avaient des pentagrammes sur les semelles de leurs sandales, laissant ainsi une piste de bénédictions partout où ils passaient. » (p. 94). J’aimerais vraiment savoir d’où sort cette drôle d’idée, pas vous ?

Pas de sources ni de bibliographie, ce qui manque cruellement vu la densité d’informations et de sujets abordés par l’auteure, mais on sent très clairement l’influence de Robert Graves se profiler dans ces pages. Mention spéciale au calendrier des arbres qu’auraient créé les celtes hein… Vous commencez à connaître ma position là-dessus je crois 😛

Ce n’est pas la fin du monde, j’ai moi-même commencé avec ce genre d’informations puisque c’était à peu près les seules à ma portée lorsque j’ai découvert l’univers de l’ogham, mais en approfondissant davantage le sujet par la suite, j’ai assez vite déchanté en relisant ce livre avec un œil plus averti.

🌿 La méthode de tirage proposée

L’une des particularités de cet oracle réside dans la méthode de tirage proposée avec, celle décrite dans le livre d’accompagnement. Pour (essayer de) faire simple, il faut étaler toutes les cartes les unes à côté des autres, en formant un grand carré de 5 x 5. On commence par en retourner 5, que l’on reporte sur la fiche de tirage, on les replace dos tourné en mélangeant un peu avec les voisines restées sur la table, on en pioche 5 à nouveau, et rebelote une troisième fois. De cette façon, il est possible de tirer plusieurs fois la même carte. Le dessin du tirage consiste lui en une série de trois cercles consécutifs, allant du passé au futur du consultant, et couvrant différents domaines de la vie, nommés « Fondation », « Expression » ou encore « Rêves ».

Interprétation de l'Oracle Celte des Arbres, tirage en croix

Mon avis sur cette méthode de tirage ? Je l’ai essayée à plusieurs reprises, j’ai persisté un temps avec pour finalement m’en éloigner et l’abandonner complètement. Certains l’aimeront peut-être et arriveront à s’en dépatouiller. Pour ma part, je la trouve longue, complexe et très fastidieuse à mettre en place. Il faut un certain temps avant de parvenir à en comprendre les mécanismes et, malheureusement, au cours d’un tirage, toute cette complexité empêche de garder un certain rythme, une fluidité nécessaire à la lecture des cartes. Le tirage est entrecoupé, très difficile à visualiser dans son ensemble et pour couronner le tout, les cartes sont mises de côté. Rangées ! Tout ce que vous êtes supposés regarder, ce sont les mots et signes que vous aurez reporté sur la feuille de tirage à côté.

Autre petit bémol à noter, les emplacements des cartes eux-mêmes qui, dans le deuxième cercle, correspondent aux quatre éléments traditionnels occidentaux : Terre au Nord, Air à l’Est, Feu au Sud, et Eau à l’Ouest. Au temps pour les traditions celtes.

Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai besoin d’avoir le visuel des cartes sous les yeux pour me guider dans ma lecture, pour voir de quelle façon cette carte-ci interagit avec celle-là, ou comment les deux opposées par là-bas se répondent, quelles sont les couleurs dominantes, les symboles récurrents… Et puis même au delà de ça, à quoi bon avoir un deck illustré si c’est pour mettre les cartes de côté une fois tirées ? Autant découper de bêtes morceaux de papier pour écrire les noms des arbres dessus. Ça revient exactement à la même chose, et c’est gratuit.

🌿 Un ogham des arbres uniquement

Pour mon malheur, ce jeu ne s’appuie que sur l’ogham des arbres, avec l’impression que l’auteure ne connaissait que celui-ci (il y a bien les associations de couleurs qui rappellent à première vue l’Enogam, l’ogham des couleurs, mais avec tellement d’erreurs que finalement, je ne sais trop quoi en penser). Ce n’est pas non plus une surprise, comme je le soulignais plus haut, l’influence de Graves se fait énormément sentir et, de toute façon, les decks basés sur l’ogham suivant presque systématiquement cette voie, celui-ci ne fait pas exception.

Et si c’est l’ogham des arbres qui vous intéresse ? Dans ce cas, il est très bien, à condition de mettre de côté les considérations associées aux numéros des mois du calendrier astrologico-celti-lunaire etc… et d’oublier les incohérences présentes sur les cartes des forfeda, notamment la toute dernière, Mór, la Mer. J’ai beau adorer cette carte, j’ai toujours du lutter avec pour arriver à l’intégrer à l’ensemble. Je veux dire… la mer… dans un jeu où toutes les cartes représentent des arbres ? What ?!

La Mer - Oracle Celte des Arbres

🌿 La taille des cartes

Elles sont solides ces cartes, mais elles sont vraiment trop petites. Typiquement, c’est le genre d’oracle qui mériterait davantage d’espace pour s’exprimer (l’éditeur aurait justement pu profiter de la réimpression pour y remédier, mais j’imagine que la qualité générale ayant été revue à la baisse, une amélioration de ce côté n’était pas vraiment au programme). On a là un format à 9,6 x 6,7 cm, bien pratique à battre, mais qui ne met pas du tout en valeur les illustrations de Vanessa Card.

Voyez plutôt : une bordure blanche d’un demi centimètre qui entoure un cadre illustré d’entrelacs celtiques plutôt sympa, lui-même suivi d’un nouvel espace blanc, puis d’un second cadre comprenant différents éléments décoratifs, et enfin, la représentation de l’arbre au centre. Un peu serré le pauvre, c’est qu’il ne lui reste pas tellement de place sur la carte après tout ça. Bien évidemment, ne comptez pas sur le livre pour vous laisser admirer davantage de détails. Sur les pages consacrées aux significations des cartes, c’est pire encore : la reproduction de l’image fait moins de 4 cm et ce tout petit encart en noir et blanc est à peine lisible.

• Mes 3 cartes préférées

Le Lierre, Le Roseau et la Mer - Mes cartes préférées de l'Oracle Celte des Arbres

Pour terminer cette review sur une note positive, je vous laisse avec un aperçu des trois cartes que j’apprécie le plus dans ce deck : le Lierre (Est-il vraiment besoin de vous expliquer pourquoi ? Lierreuuuh ♥ ), le Roseau (pour son sens de l’équilibre notamment) et la Mer. Oui, c’est un comble pour cette dernière, mais bien qu’elle détonne complètement avec le reste des cartes, elle a tout de même ce petit quelque-chose en plus qui fait que je la place parmi mes préférées. Elle me rappelle d’ailleurs ce tableau de Hokusai que j’adore… Vous savez ? La Grande Vague 🙂

[ Review ] L’Oracle d’Ishsaar

[ Review ] L’Oracle d’Ishsaar

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, je vous propose d’inaugurer avec moi une nouvelle catégorie d’articles dans laquelle seront regroupées les critiques de jeux divinatoires, de livres, de boutiques… En bref, ce qui me passe entre les mains et qui a un intérêt ésotérico-spirituel-païen-etc. Et pour cette première, c’est l’Oracle d’Ishsaar qui y passe, qui n’est autre que le tout dernier jeu à avoir rejoint ma collection de cartes.

Alors oui, je commence cette review en ne respectant pas le nom d’origine de ce jeu, le Tarot d’Ishsaar, une dénomination que l’on retrouve à plusieurs endroits dans le livret qui l’accompagne. Loin de moi l’idée de vouloir dénaturer quoi que ce soit (d’autant que j’adore la façon dont ce nom sonne à mes oreilles, « Ishsaaaaar », murmurez-le, allez-y !… ), il s’agit simplement de rendre les choses claires dès le début : n’y cherchez ni un type Rider-Waite, ni un type Marseille, ce jeu a sa propre structure et ce n’est pas celle d’un Tarot.

Commençons justement par là, par sa structure. L’Oracle d’Ishsaar compte 60 cartes au total, réparties en plusieurs « familles » : 44 cartes principales fonctionnant par paires, 4 cartes Élémentales (Terre, Air, Feu et Eau), 3 Totems (La Vue, L’Ouïe et la Parole), 6 Piliers (qui sont des archétypes tels que le Vagabond, la Sorcière ou le Shaman), une carte d’Ombre accompagnée de son pendant lumineux, et pour finir, une carte vierge, à utiliser telle qu’elle ou à illustrer vous-même. L’ensemble du deck est numéroté en chiffres romains, de I à LX donc.

Je vous laisse un aperçu de la bête ! Petite précision : la tranche des cartes n’a pas du tout cette teinte à l’origine. Comme pour mon Oracle d’Algariel, je les ai simplement noircies peu de temps après avoir reçu le jeu. Je trouve que ça colle mieux avec son caractère, et donne un petit fini supplémentaire au design de l’ensemble.

Oracle d'Ishsaar, par Yuna Minhaï

Sauf quelques exceptions, j’ai pour habitude de me consacrer pleinement à un ou deux jeux maximum sur une période donnée (souvent entre deux Sabbats, ou sur une lunaison complète) avant de changer pour me pencher sur un nouveau venu ou en reprendre un plus ancien. Ça me permet de faire tourner régulièrement les tarots et oracles de ma collection sans délaisser un deck ou un autre (et puis un jeu peut être parfaitement adapté à une saison en particulier, mais beaucoup moins inspirant pour celle qui suit… ).

L’Ishsaar est un oracle que j’ai en ma possession depuis un mois environ, et avec lequel j’ai déjà eu l’occasion de pas mal travailler puisqu’il a été pour ainsi dire le seul deck que j’ai utilisé depuis que je l’ai reçu, et ce autant en carte du jour qu’en tirages beaucoup plus complexes quand j’en ai eu besoin.

Bon, clairement, le printemps n’est pas l’atmosphère qui lui correspond le mieux, mais il a été un très bon compagnon de route malgré tout. Du genre de ceux qui vous répondent assez crûment et ne font pas dans la dentelle, mais en même temps, quand je tire les cartes, ce n’est généralement pas pour avoir un message tout choupinou allant dans mon sens, enveloppé de demi-mesure ou de gentillesse excessive. J’attends plutôt de nouvelles pistes de réflexion que je n’aurais pas vu jusque là, ou un message clair sur une situation et son évolution possible pour m’y préparer au mieux et faire les changements qu’il faut. De ce côté-là, aucun souci, l’Ishsaar fait le taf.

Si vous aimez les oracles directs dans son genre, que vous connaissez un peu l’univers de l’auteure, et que vous appréciez son esthétique, je n’ai qu’un mot à dire, foncez ! Mais pour l’heure, voici un peu plus en détail ce que je retiens de l’Ishsaar jusque là 🙂

• Les points forts du jeu

? Un package très attrayant

Le pack au complet est bien pensé et agréable à découvrir. Le livret d’accompagnement est bien réalisé, avec peut-être une coquille par-ci par là (mais honnêtement on s’en fiche), graphiquement très réussi (j’ai complètement craqué pour la représentation de l’Oblivion sur fond rouge grenat en couverture, illustration que l’on retrouve également sur le dos des cartes), bref, c’est avec plaisir que je l’ai feuilleté. Bon, en même temps, l’une des nombreuses casquettes de Yuna étant celle de graphiste, le contraire m’aurait plutôt étonnée.

Deuxième chose composant le pack : la boîte qui renferme le jeu. Un gros coup de cœur ! Il est très rare que je conserve les jeux que j’achète dans leur boitier d’origine, soit parce que celui-ci est trop encombrant, ou trop fragile, ou tout simplement pas à mon goût. Pour l’Ishsaar, rien à changer, je l’adore. Esthétiquement, disons-le, c’est une tuerie, et elle paraît solide, ce qui ne gâche rien au plaisir.

Quant au format, impeccable, suffisamment petit pour tenir dans un sac si besoin, mais les cartes ne restent pas non plus bêtement coincées dedans quand on veut les en sortir. La seule chose qui m’ennuie sur l’ensemble du package concerne justement les cartes, que je trouve un poil fines et surtout trop souples à mon goût. En revanche, le fini satiné est très agréable au regard et au toucher, et elles se battent facilement.

Ishsaar - Cartes & Livret d'interprétation

? Un jeu direct

Avec des concepts clairs et relativement faciles à appréhender, l’Ishsaar est soutenu par un livret plutôt complet, qui offre de bonnes bases pour s’approprier les différentes significations et encourage à les développer davantage au fil du temps. J’aime particulièrement l’idée des cartes « miroir », ni négatives ni positives, mais pensées comme deux facettes d’une même idée, deux manières différentes de voir et d’appréhender une situation, laissant ainsi place à davantage de nuances lors de l’interprétation d’un tirage.

La notion de dualité est d’ailleurs très présente dans ce jeu, dans les représentations des concepts eux-mêmes (avec un bon paquet d’illustrations mettant en scène deux personnages en étroite relation ou en conflit) comme dans la façon dont ils sont amenés dans la structure de l’oracle. Mais ce n’est pas pour autant que l’on tombe dans le tout noir ou tout blanc (à ce sujet, je trouve assez fascinant que la seule carte du jeu en noir et blanc soit justement la Prudence). C’est appréciable dans l’optique d’une utilisation en guidance, connaissance de soi et développement personnel.

? Des méthodes de tirage originales

Un autre bon point au livret, Yuna y présente deux méthodes pour tirer l’oracle selon un dessin bien défini, pensé pour correspondre à l’oracle et à son fonctionnement. Le Tirage de la Pyramide pour commencer, un étalement en 16 cartes très complet, permettant d’analyser une situation depuis ses fondations jusqu’à son issue éventuelle, et le Tirage de la Destinée, adapté lorsqu’un choix particulièrement difficile se présente et que les différentes pistes doivent être analysées en détail.

? L’utilisation… magique !

Il s’agit de quelque-chose que je fais déjà avec la plupart de mes jeux, mais ce n’est pour ainsi dire jamais mis en avant dans les livrets accompagnant tarots et oracles. L’utilisation des cartes au sein d’une pratique spirituelle ou magique, hors tirages divinatoires. Déposer une carte sur son autel pour l’imprégner de son énergie, l’emporter avec soi, travailler sur un archétype en particulier pour rétablir la balance dans son quotidien, développer les qualités qui vous font défaut ou, au contraire, assurer la maîtrise de celles qui vous échappent et se montrent trop débordantes.

Un oracle peut être un formidable support à intégrer dans un rituel, et l’Ishsaar a été conçu en prenant en compte cette possibilité. Pour chaque carte (ou presque, certains concepts ne s’y prêtent pas tout à fait), vous trouverez dans le livret un conseil pour l’employer au mieux dans vos propres pratiques, en association avec les pierres notamment.

La Sorcière - Oracle d'Ishsaar

? Un prix abordable

Dans l’ensemble, la qualité est au rendez-vous et je ne regrette en rien mon achat, d’autant plus qu’il s’agit d’un jeu publié de façon indépendante, ce qui signifie habituellement un prix d’achat plus élevé que pour un jeu grand public. Plusieurs packs ont été proposés lors de la précommande au mois de Janvier, j’ai opté personnellement pour le « standard » (en dehors des marque-pages que j’accumule allègrement, je ne suis pas tellement collectionneuse de goodies, je n’ai donc pas vu d’intérêt particulier aux packs supérieurs). Au moment où je publie cette review, l’Ishsaar est disponible à 26,50€ hors frais d’expédition.

• Ce que j’ai moins apprécié

? La répétition des images

C’est pour moi le point noir du deck : plusieurs des cartes de l’oracle présentent la même illustration. Et quand je dis plusieurs, je veux dire beaucoup. Pour ma part, j’aime que chaque carte ait réellement sa personnalité propre, avec ses symboles à elle, bref, qu’elle se distingue clairement des autres. J’apprécie également le fait de pouvoir repérer une carte dans un tirage sans devoir me référer au mot-clef ou au titre pour être sûre de bien l’identifier (rien de pire pour casser le flot de pensées / images lors d’une interprétation). Du coup, j’ai ressenti une pointe de déception en faisant cette découverte (c’est ma faute aussi, je n’ai qu’à mieux regarder toutes les cartes avant d’acheter un deck :p ).

Je vous donne quelques exemples ? Le duo Création / Destruction pour lequel seul le cadrage de l’illustration change. Des cartes présentant le même dessin mais en miroir, comme le couple Passé / Futur ou encore la Parole et la Terre (à un pansement près). Des dessins coupés en deux avec une partie sur chaque carte (Balance & Justice, Vue & Enfermement). Un dessin remasterisé, l’Ombre, mais qui reste malgré tout identique à celui, doublé, de la carte du Miroir. L’Union qui n’est qu’un fragment de l’Imagination. Le Groupe et la Foule qui sont un composite de plusieurs autres illustrations du deck.

Au total, il y a environ 20 cartes concernées sur les 60 que compte l’oracle. Certains de ces choix peuvent se comprendre et se justifier, mais un tiers du paquet ?…

? Le style changeant

Deuxième petite déception – totalement subjective pour le coup – je trouve les illustrations inégales. J’ai l’habitude lorsque j’accueille un nouveau jeu dans ma collection d’observer les cartes une à une, et de les reposer en formant trois piles : les cartes qui m’attirent et me parlent dès le départ, celles plus neutres, qui ne me dérangent aucunement mais ne sont pas particulièrement attrayantes pour autant, et celles que j’aime beaucoup moins, voire vraiment pas.

Un petit rituel qui me permet de me familiariser avec les dessins dès le premier regard, et surtout de vite me rendre compte du ratio j’aime / j’aime pas (pour simplifier). J’ai donc fait de même avec l’Ishsaar tout juste sorti de son blister, sauf que je me suis retrouvée avec davantage de paquets, sans trop pouvoir l’expliquer au début, m’apercevant ensuite que le jeu présente en réalité deux styles d’illustration assez différents, l’un tout en finesse et en subtilités, l’autre présentant un trait beaucoup plus fort, plus marqué.

Chaque style semble correspondre à un univers, et certains trouveront sûrement ça génial (et après tout, ça témoigne aussi de l’évolution de la créatrice en matière d’illustration durant toutes ces années), mais pour ma part, bien que j’apprécie les deux genres, je dois pourtant avouer que le contraste me perturbe un peu dans la lecture d’un tirage. En faisant abstraction du cadre entourant chaque illustration, j’ai parfois presque l’impression d’avoir deux jeux différents en main.

Oracle d'Ishsaar - L'Origine et la Réflexion

? L’absence d’identification des personnages

Un tout petit détail qui n’a l’air de rien, mais qui m’a rapidement manqué alors qu’il aurait pourtant pu être facilement ajouté au livret d’accompagnement de l’oracle : qui sont les personnages mis en scène sur chacune des cartes ? L’Ishsaar est tiré de deux univers littéraires et iconographiques (entre autres) de Yuna : Pandora Project et Blinded. Le hic voyez-vous, c’est que pour le moment, seul le premier de ces romans est disponible.

Alors oui, on peut utiliser malgré tout l’Ishsaar sans être familier de ces deux univers, mais c’est se priver à mes yeux de l’essence même du jeu, de ce qui lui a donné naissance. Un peu comme tirer des runes sans avoir accès à la mythologie derrière, vous voyez ? Je vais très certainement relire Pandora Project en même temps que je m’approprierai davantage cet oracle, mais je suis frustrée d’avance par le fait d’en manquer une bonne moitié alors qu’un court résumé de leurs traits de caractère principaux et de leurs relations aurait pu changer la donne et m’éclairer davantage pour l’interprétation des cartes.

• Mes 3 cartes préférées

La Sorcière, le Guide et le Shaman - Mes cartes préférées de l'Oracle d'Ishsaar

Pour finir, un aperçu de mes trois cartes préférées : la Sorcière que vous avez déjà pu voir plus haut, le Guide et le Shaman. Ben oui, 3 Piliers, rien que ça ! ^_^ (et j’aurais presque pu ajouter la Gardienne)