[ Review ] L’Oracle d’Ishsaar

[ Review ] L’Oracle d’Ishsaar

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, je vous propose d’inaugurer avec moi une nouvelle catégorie d’articles dans laquelle seront regroupées les critiques de jeux divinatoires, de livres, de boutiques… En bref, ce qui me passe entre les mains et qui a un intérêt ésotérico-spirituel-païen-etc. Et pour cette première, c’est l’Oracle d’Ishsaar qui y passe, qui n’est autre que le tout dernier jeu à avoir rejoint ma collection de cartes.

Alors oui, je commence cette review en ne respectant pas le nom d’origine de ce jeu, le Tarot d’Ishsaar, une dénomination que l’on retrouve à plusieurs endroits dans le livret qui l’accompagne. Loin de moi l’idée de vouloir dénaturer quoi que ce soit (d’autant que j’adore la façon dont ce nom sonne à mes oreilles, « Ishsaaaaar », murmurez-le, allez-y !… ), il s’agit simplement de rendre les choses claires dès le début : n’y cherchez ni un type Rider-Waite, ni un type Marseille, ce jeu a sa propre structure et ce n’est pas celle d’un Tarot.

Commençons justement par là, par sa structure. L’Oracle d’Ishsaar compte 60 cartes au total, réparties en plusieurs « familles » : 44 cartes principales fonctionnant par paires, 4 cartes Élémentales (Terre, Air, Feu et Eau), 3 Totems (La Vue, L’Ouïe et la Parole), 6 Piliers (qui sont des archétypes tels que le Vagabond, la Sorcière ou le Shaman), une carte d’Ombre accompagnée de son pendant lumineux, et pour finir, une carte vierge, à utiliser telle qu’elle ou à illustrer vous-même. L’ensemble du deck est numéroté en chiffres romains, de I à LX donc.

Je vous laisse un aperçu de la bête ! Petite précision : la tranche des cartes n’a pas du tout cette teinte à l’origine. Comme pour mon Oracle d’Algariel, je les ai simplement noircies peu de temps après avoir reçu le jeu. Je trouve que ça colle mieux avec son caractère, et donne un petit fini supplémentaire au design de l’ensemble.

Oracle d'Ishsaar, par Yuna Minhaï

Sauf quelques exceptions, j’ai pour habitude de me consacrer pleinement à un ou deux jeux maximum sur une période donnée (souvent entre deux Sabbats, ou sur une lunaison complète) avant de changer pour me pencher sur un nouveau venu ou en reprendre un plus ancien. Ça me permet de faire tourner régulièrement les tarots et oracles de ma collection sans délaisser un deck ou un autre (et puis un jeu peut être parfaitement adapté à une saison en particulier, mais beaucoup moins inspirant pour celle qui suit… ).

L’Ishsaar est un oracle que j’ai en ma possession depuis un mois environ, et avec lequel j’ai déjà eu l’occasion de pas mal travailler puisqu’il a été pour ainsi dire le seul deck que j’ai utilisé depuis que je l’ai reçu, et ce autant en carte du jour qu’en tirages beaucoup plus complexes quand j’en ai eu besoin.

Bon, clairement, le printemps n’est pas l’atmosphère qui lui correspond le mieux, mais il a été un très bon compagnon de route malgré tout. Du genre de ceux qui vous répondent assez crûment et ne font pas dans la dentelle, mais en même temps, quand je tire les cartes, ce n’est généralement pas pour avoir un message tout choupinou allant dans mon sens, enveloppé de demi-mesure ou de gentillesse excessive. J’attends plutôt de nouvelles pistes de réflexion que je n’aurais pas vu jusque là, ou un message clair sur une situation et son évolution possible pour m’y préparer au mieux et faire les changements qu’il faut. De ce côté-là, aucun souci, l’Ishsaar fait le taf.

Si vous aimez les oracles directs dans son genre, que vous connaissez un peu l’univers de l’auteure, et que vous appréciez son esthétique, je n’ai qu’un mot à dire, foncez ! Mais pour l’heure, voici un peu plus en détail ce que je retiens de l’Ishsaar jusque là 🙂

• Les points forts du jeu

? Un package très attrayant

Le pack au complet est bien pensé et agréable à découvrir. Le livret d’accompagnement est bien réalisé, avec peut-être une coquille par-ci par là (mais honnêtement on s’en fiche), graphiquement très réussi (j’ai complètement craqué pour la représentation de l’Oblivion sur fond rouge grenat en couverture, illustration que l’on retrouve également sur le dos des cartes), bref, c’est avec plaisir que je l’ai feuilleté. Bon, en même temps, l’une des nombreuses casquettes de Yuna étant celle de graphiste, le contraire m’aurait plutôt étonnée.

Deuxième chose composant le pack : la boîte qui renferme le jeu. Un gros coup de cœur ! Il est très rare que je conserve les jeux que j’achète dans leur boitier d’origine, soit parce que celui-ci est trop encombrant, ou trop fragile, ou tout simplement pas à mon goût. Pour l’Ishsaar, rien à changer, je l’adore. Esthétiquement, disons-le, c’est une tuerie, et elle paraît solide, ce qui ne gâche rien au plaisir.

Quant au format, impeccable, suffisamment petit pour tenir dans un sac si besoin, mais les cartes ne restent pas non plus bêtement coincées dedans quand on veut les en sortir. La seule chose qui m’ennuie sur l’ensemble du package concerne justement les cartes, que je trouve un poil fines et surtout trop souples à mon goût. En revanche, le fini satiné est très agréable au regard et au toucher, et elles se battent facilement.

Ishsaar - Cartes & Livret d'interprétation

? Un jeu direct

Avec des concepts clairs et relativement faciles à appréhender, l’Ishsaar est soutenu par un livret plutôt complet, qui offre de bonnes bases pour s’approprier les différentes significations et encourage à les développer davantage au fil du temps. J’aime particulièrement l’idée des cartes « miroir », ni négatives ni positives, mais pensées comme deux facettes d’une même idée, deux manières différentes de voir et d’appréhender une situation, laissant ainsi place à davantage de nuances lors de l’interprétation d’un tirage.

La notion de dualité est d’ailleurs très présente dans ce jeu, dans les représentations des concepts eux-mêmes (avec un bon paquet d’illustrations mettant en scène deux personnages en étroite relation ou en conflit) comme dans la façon dont ils sont amenés dans la structure de l’oracle. Mais ce n’est pas pour autant que l’on tombe dans le tout noir ou tout blanc (à ce sujet, je trouve assez fascinant que la seule carte du jeu en noir et blanc soit justement la Prudence). C’est appréciable dans l’optique d’une utilisation en guidance, connaissance de soi et développement personnel.

? Des méthodes de tirage originales

Un autre bon point au livret, Yuna y présente deux méthodes pour tirer l’oracle selon un dessin bien défini, pensé pour correspondre à l’oracle et à son fonctionnement. Le Tirage de la Pyramide pour commencer, un étalement en 16 cartes très complet, permettant d’analyser une situation depuis ses fondations jusqu’à son issue éventuelle, et le Tirage de la Destinée, adapté lorsqu’un choix particulièrement difficile se présente et que les différentes pistes doivent être analysées en détail.

? L’utilisation… magique !

Il s’agit de quelque-chose que je fais déjà avec la plupart de mes jeux, mais ce n’est pour ainsi dire jamais mis en avant dans les livrets accompagnant tarots et oracles. L’utilisation des cartes au sein d’une pratique spirituelle ou magique, hors tirages divinatoires. Déposer une carte sur son autel pour l’imprégner de son énergie, l’emporter avec soi, travailler sur un archétype en particulier pour rétablir la balance dans son quotidien, développer les qualités qui vous font défaut ou, au contraire, assurer la maîtrise de celles qui vous échappent et se montrent trop débordantes.

Un oracle peut être un formidable support à intégrer dans un rituel, et l’Ishsaar a été conçu en prenant en compte cette possibilité. Pour chaque carte (ou presque, certains concepts ne s’y prêtent pas tout à fait), vous trouverez dans le livret un conseil pour l’employer au mieux dans vos propres pratiques, en association avec les pierres notamment.

La Sorcière - Oracle d'Ishsaar

? Un prix abordable

Dans l’ensemble, la qualité est au rendez-vous et je ne regrette en rien mon achat, d’autant plus qu’il s’agit d’un jeu publié de façon indépendante, ce qui signifie habituellement un prix d’achat plus élevé que pour un jeu grand public. Plusieurs packs ont été proposés lors de la précommande au mois de Janvier, j’ai opté personnellement pour le « standard » (en dehors des marque-pages que j’accumule allègrement, je ne suis pas tellement collectionneuse de goodies, je n’ai donc pas vu d’intérêt particulier aux packs supérieurs). Au moment où je publie cette review, l’Ishsaar est disponible à 26,50€ hors frais d’expédition.

• Ce que j’ai moins apprécié

? La répétition des images

C’est pour moi le point noir du deck : plusieurs des cartes de l’oracle présentent la même illustration. Et quand je dis plusieurs, je veux dire beaucoup. Pour ma part, j’aime que chaque carte ait réellement sa personnalité propre, avec ses symboles à elle, bref, qu’elle se distingue clairement des autres. J’apprécie également le fait de pouvoir repérer une carte dans un tirage sans devoir me référer au mot-clef ou au titre pour être sûre de bien l’identifier (rien de pire pour casser le flot de pensées / images lors d’une interprétation). Du coup, j’ai ressenti une pointe de déception en faisant cette découverte (c’est ma faute aussi, je n’ai qu’à mieux regarder toutes les cartes avant d’acheter un deck :p ).

Je vous donne quelques exemples ? Le duo Création / Destruction pour lequel seul le cadrage de l’illustration change. Des cartes présentant le même dessin mais en miroir, comme le couple Passé / Futur ou encore la Parole et la Terre (à un pansement près). Des dessins coupés en deux avec une partie sur chaque carte (Balance & Justice, Vue & Enfermement). Un dessin remasterisé, l’Ombre, mais qui reste malgré tout identique à celui, doublé, de la carte du Miroir. L’Union qui n’est qu’un fragment de l’Imagination. Le Groupe et la Foule qui sont un composite de plusieurs autres illustrations du deck.

Au total, il y a environ 20 cartes concernées sur les 60 que compte l’oracle. Certains de ces choix peuvent se comprendre et se justifier, mais un tiers du paquet ?…

? Le style changeant

Deuxième petite déception – totalement subjective pour le coup – je trouve les illustrations inégales. J’ai l’habitude lorsque j’accueille un nouveau jeu dans ma collection d’observer les cartes une à une, et de les reposer en formant trois piles : les cartes qui m’attirent et me parlent dès le départ, celles plus neutres, qui ne me dérangent aucunement mais ne sont pas particulièrement attrayantes pour autant, et celles que j’aime beaucoup moins, voire vraiment pas.

Un petit rituel qui me permet de me familiariser avec les dessins dès le premier regard, et surtout de vite me rendre compte du ratio j’aime / j’aime pas (pour simplifier). J’ai donc fait de même avec l’Ishsaar tout juste sorti de son blister, sauf que je me suis retrouvée avec davantage de paquets, sans trop pouvoir l’expliquer au début, m’apercevant ensuite que le jeu présente en réalité deux styles d’illustration assez différents, l’un tout en finesse et en subtilités, l’autre présentant un trait beaucoup plus fort, plus marqué.

Chaque style semble correspondre à un univers, et certains trouveront sûrement ça génial (et après tout, ça témoigne aussi de l’évolution de la créatrice en matière d’illustration durant toutes ces années), mais pour ma part, bien que j’apprécie les deux genres, je dois pourtant avouer que le contraste me perturbe un peu dans la lecture d’un tirage. En faisant abstraction du cadre entourant chaque illustration, j’ai parfois presque l’impression d’avoir deux jeux différents en main.

Oracle d'Ishsaar - L'Origine et la Réflexion

? L’absence d’identification des personnages

Un tout petit détail qui n’a l’air de rien, mais qui m’a rapidement manqué alors qu’il aurait pourtant pu être facilement ajouté au livret d’accompagnement de l’oracle : qui sont les personnages mis en scène sur chacune des cartes ? L’Ishsaar est tiré de deux univers littéraires et iconographiques (entre autres) de Yuna : Pandora Project et Blinded. Le hic voyez-vous, c’est que pour le moment, seul le premier de ces romans est disponible.

Alors oui, on peut utiliser malgré tout l’Ishsaar sans être familier de ces deux univers, mais c’est se priver à mes yeux de l’essence même du jeu, de ce qui lui a donné naissance. Un peu comme tirer des runes sans avoir accès à la mythologie derrière, vous voyez ? Je vais très certainement relire Pandora Project en même temps que je m’approprierai davantage cet oracle, mais je suis frustrée d’avance par le fait d’en manquer une bonne moitié alors qu’un court résumé de leurs traits de caractère principaux et de leurs relations aurait pu changer la donne et m’éclairer davantage pour l’interprétation des cartes.

• Mes 3 cartes préférées

La Sorcière, le Guide et le Shaman - Mes cartes préférées de l'Oracle d'Ishsaar

Pour finir, un aperçu de mes trois cartes préférées : la Sorcière que vous avez déjà pu voir plus haut, le Guide et le Shaman. Ben oui, 3 Piliers, rien que ça ! ^_^ (et j’aurais presque pu ajouter la Gardienne)

2 thoughts on “[ Review ] L’Oracle d’Ishsaar

  1. Hello ! Oh merci pour ton article, je suis contente que tu sois à l’aise avec le jeu (je constate que son côté « dans ta face » ne se limite pas qu’à moi, ouch ! Sur ce point là, c’est d’ailleurs très drôle de le comparer à un oracle de Clow qui, lui, caresse un peu trop dans le sens du poil, au contraire :p

    Concernant le second pan de l’univers abordé dans ce jeu, je suis en pleine réécriture du roman (Blinded), il sera donc bientôt possible de s’y plonger 🙂 C’est un vieux projet qu’il faut que j’appréhende à nouveau et avec lequel je dois me re-familiariser mais le chantier est lancé et l’obsession est de retour !

    Je comprends ton commentaire concernant le changement de style. 10 ans séparent les illustrations des deux projets, mais je trouvais intéressant de garder, justement, cet écart et de les laisser dans leur style d’origine (à quelques remasterisations près). Ce sont deux univers qui collaborent mais qui sont cependant très différents l’un l’autre, alors ça me paraissait assez naturel. Cela dit, c’est vrai que n’ayant à l’heure actuelle pas toutes les clés en main, ce n’est pas forcément évident pour le lecteur/consultant ^^ Idem pour la répétition d’images, pour la grande majorité, elle est voulu, choisie et assumée, pour le côté « facettes/miroir » des symboles, mais je comprends parfaitement que ça puisse ne pas plaire ^^

    Quoi qu’il en soit, merci pour ta review, je serai ravie de la partager sur la page, en espérant qu’elle donne envie à d’autres de s’y plonger.

    Bisous !

    1. Coucou !

      J’ai hâte pour Blinded, en avoir un morceau via l’Ishsaar me laisse sur ma faim, il me faut l’autre côté de cet univers maintenant.

      Pour le reste, je me doutais bien que les doublons étaient voulus, mais oui, ça m’embête un peu lors des tirages x)
      Le style changeant est déjà moins gênant, comme je le disais, ça témoigne de ton évolution sur toute cette période. Et puis à force de l’utiliser, ça se tasse un peu de ce côté-là 😉

      Contente d’avoir ce jeu en tout cas, il est chouette ♥

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