Sur le Seuil

Sur le Seuil

Avant toute chose, laissez-moi vous souhaiter une belle et heureuse année 2019. Puisse-t-elle vous être aussi douce que possible, pleine d’enchantement, de poésie, et de balades nature ♥ 

Ok, passons directement à la question que beaucoup d’entre vous m’ont posé, avec raison : la réouverture de la boutique, c’est pour quand ? Je ne peux pas vous confirmer de date précise pour le moment. Pour des raisons administratives entre autres, mais également car j’ai pris conscience que je ne souhaitais pas aller trop vite, et précipiter le lancement de Wildera au risque de passer à côté de ce que mes errances et mon nouveau chez-moi pouvaient m’inspirer pour la nouvelle version de la boutique. Encore un peu de patience donc, ça finira par arriver. Promis.

J’évoque des délais administratifs, mais si je veux être tout à fait honnête, la réouverture tardive est également due à mon état d’esprit ces derniers mois. A titre personnel, 2018 a été totalement chaotique. Nous sommes parties du mauvais pied dès le départ toutes les deux, et je ne suis vraiment pas fachée de lui avoir définitivement dit au revoir lundi dernier. C’est une année qui a été marquée par une superbe et excitante opportunité, certes, mais ça a surtout été une année de deuils – au pluriel – et l’inconfortable mélange des deux a fait resurgir et s’accumuler bon nombre d’angoisses et de blocages, tous plus difficiles les uns que les autres à comprendre et à dépasser. 

Comme expliqué dans mon précédent post (qui commence à dater maintenant), je me suis initialement accordé une période de repos, en m’éloignant notamment des réseaux sociaux pour profiter pleinement d’une saison de découverte et d’exploration du Pacific Northwest. Puis le simple repos s’est transformé en un temps de guérison, une étape beaucoup plus longue, comme vous avez pu le constater, mais que j’accepte comme étant nécessaire (même si ça m’a coûté de devoir laisser de côté la boutique de cette façon pour me concentrer… et bien, sur moi-même). Avant même d’imaginer étendre mes branches dans toutes les directions, j’avais tout intérêt de m’occuper en premier lieu de celles cassées en cours de route, puis d’ancrer solidement mes racines dans cette nouvelle terre.  

Cycle naturel

Quelques mois d’absence et de silence donc, pour lesquels, j’espère, vous ne me tiendrez pas trop rigueur. Je n’ai pas vraiment de plan pour la suite, ce qui ne me ressemble pas du tout, et devrait sûrement m’inquiéter un peu. Mais je fais confiance à cette petite flamme créative dont je parlais déjà la dernière fois, celle-là même qui ne s’est jamais arrêtée de brûler, et m’a permis de continuer de créer de façon quasi quotidienne pendant ce long hiatus (ce qui veut aussi dire que j’ai pas mal de petites choses qui se sont entassées dans le nouvel Atelier, et que je pourrai vous dévoiler peu à peu en attendant la réouverture).

Même aux jours les plus sombres de l’hiver, l’inspiration ne m’a jamais quittée, bien au contraire. Mon arrivée ici m’a offert un renouveau que je n’attendais pas du côté de ma spiritualité, et le retour au coeur de celle-ci n’a fait que nourrir et renforcer ma créativité et mon envie d’aller toujours plus loin dans l’exploration de ces deux domaines, piliers de mon existence et de mon quotidien.

Explorer les terres du Monde Vivant qui m’entoure, tout autant que les paysages de mon Monde Intérieur. Que dites-vous de ça pour une « résolution » de nouvel an ? Hmm ? 🙂 

Du repos

Du repos

L’Eté touche à sa fin, il y a dans l’air comme un avant-goût d’Automne depuis quelques jours. Les senteurs ont changé peu à peu, de façon subtile, sont devenues plus rauques, emplies de terre et de crépuscule rougeoyant. C’est le tout premier Automne que je m’apprête à passer ici, dans le Pacific Northwest, et je m’en réjouis d’autant plus qu’il s’agit d’une nouvelle et délicieuse plongée dans l’inconnu. 

Deux mois déjà depuis le Grand Départ. Une période marquée par un quasi silence de ma part ici et ailleurs.

J’avais pensé partager avec vous mon installation dans cette incroyable région, vous raconter mes premières découvertes, le dépaysement auquel je m’attendais à faire face, les difficultés aussi, car soyons honnêtes, une expatriation ne se fait pas sans heurt ni cahot. J’ai finalement pris le parti de délaisser Internet, de négliger volontairement les quelques espaces que je hante habituellement, et de profiter de ma nouvelle vie de façon tout à fait égoïste. 

J’ai pressé le bouton pause, et je me suis reposée de tout ça. Plutôt que de me perdre dans les méandres des réseaux sociaux, je me suis ressourcée à l’ombre des Grands Résineux nouvellement rencontrés. Plutôt que de passer des heures assise à éplucher emails et todo lists, je suis sortie marcher, arpenter les chemins forestiers et les montagnes alentours. Pour me retrouver, me recentrer, me régénérer. Pour former un début de relation avec ces Terres qui m’ont accueillie et desquelles je fais désormais partie. 

Il m’a fallu plus de temps que je ne le pensais pour m’adapter à ce nouvel environnement. Je suis une créature d’habitude et, si je me doutais qu’un déménagement aussi conséquent impliquerait de gros changements dans mon quotidien, je pense pouvoir aujourd’hui admettre que j’ai un peu sous-estimé la chose. Mais les bouleversements et la métamorphose qui s’est opérée en parallèle ont été bénéfiques à tous points de vue. 

Ne pas avoir à poster quoi que ce soit nulle part l’a été aussi, pour tout vous avouer. Si vous êtes vous-même créateur ou créatrice de contenu, je parie que vous savez exactement de quoi je parle : cette espèce de pression permanente à devoir publier régulièrement des photos parfaitement mises en scène accompagnées de textes soigneusement réfléchis et rédigés. Me concentrer sur autre chose, voire ne me concentrer sur rien, faire taire l’incessant flot de pensées et de stress que j’emmène habituellement partout avec moi a été salvateur (je me suis même remise à rêver !). 

Le silence ici et ailleurs a de fait été un peu long, mais je vois avec le recul à quel point il était nécessaire. Après tout, il n’est que le reflet du Silence (re)trouvé sous les frondaisons lors de mes errances au coeur de cette Nature Sauvage. Un silence rafraîchissant, qui apaise, inspire et nourrit en profondeur. Une quiétude qui m’a permis d’engranger de l’énergie pour les saisons et les challenges à venir, qui sont encore nombreux. 

Je n’ai pas emporté grand chose en venant ici : quatre valises pour deux, Mister Pumpkin et ses 5 kilos de poils, ainsi qu’une petite flamme intérieure nommée créativité. A l’heure où l’Automne commence à exhiber ses plus belles teintes, je sais que cet Eté de silence et de contemplation était précisément le carburant qu’il fallait à cette lueur pour repartir de plus belle, mais aussi pour me permettre de m’exprimer à nouveau.