Un Petit Lenormand en projet

Un Petit Lenormand en projet

Il y a de ça quelques années, il m’a pris l’envie de me confectionner un jeu d’oghams en bois (attends, mais t’as pas parlé de Lenormand juste avant ?), mon tout premier set illustré en réalité. Bon nombre d’entre vous ont probablement déjà eu l’occasion de le voir en photo ; c’est mon ogham fétiche, fabriqué de A à Z par mes petites mains. En revanche, dont j’ai très peu parlé à son sujet, c’est du processus de création lui-même, et du pourquoi ceux que je propose dans la boutique sont si différents aujourd’hui.

Divination par l'Ogham

A l’époque, j’étais étudiante en lettres modernes, et donc par définition, totalement fauchée. Léger détail qui ne m’empêchait pas de baver d’envie devant le travail de Sarah Anne Lawless, qui venait tout juste de terminer un sublimissime set d’oghams en bois, avec sur chacun des bâtons, une illustration représentant les arbres associés aux différents caractères. Toutes les pièces découpées puis polies à la main une à une, les motifs soigneusement pyrogravés et peints ensuite… Le genre de réalisation qui m’a fait rêver un bon moment, surtout en sachant que je n’avais pas du tout le luxe de m’en payer ne serait-ce que le quart 😛

Qu’à cela ne tienne, j’ai fini par me dire que j’avais dix doigts moi aussi, et un chouette pyrograveur qui avait déjà fait ses preuves à plusieurs reprises. Le projet était lancé ! J’avais bien prévu que ça me prendrait du temps cette histoire, mais j’avais laaaargement sous-estimé l’impact de mon emploi du temps totalement chaotique d’étudiante. Créer ce set, ça a été l’affaire non pas de jours ni de semaines comme je le pensais au départ, mais bien de mois entiers. Accessoirement, je ne comptais plus ni les ampoules, ni les coupures et autres écorchures dues à ma méconnaissance du travail du bois et au manque cruel d’outils et d’équipement auquel j’ai du faire face.

Passé la fièvre et l’excitation du début de projet, il y a eu quelques périodes de découragement quasi total, pendant lesquelles je ne voulais plus toucher un bout de bois, désespérée de ne jamais en voir la fin, me demandant pourquoi j’avais eu une idée pareille. Mais j’ai tenu bon. Pièce après pièce, je me suis accrochée à l’idée d’un set d’oghams complet, visualisant le résultat avant chaque nouveau coup de couteau, entassant la sciure de bois d’un côté, les morceaux de papier de verre usés de l’autre, avant de me barbouiller d’aquarelle en essayant de ne pas me brûler un doigt sur le pyrograveur encore chaud posé tout près (l’autre inconvénient du studio étudiant : le manque de place).

Pour quelqu’un qui adore commencer mille et un projets, mais qui a souvent du mal à aller jusqu’au bout, autant vous dire que pour celui-ci, ce n’était vraiment pas gagné d’avance. Ajoutez une bonne grosse dose de perfectionnisme, et vous aurez vraiment le tableau dans son ensemble. Au cours de ce processus de création, j’ai été chercher les limites de ma persévérance et j’ai appris à les dépasser malgré la fatigue, la lassitude, l’auto-critique et les mains douloureuses.

En guise de motivation supplémentaire, je me suis souvent répété que ce qui compte vraiment, c’est le chemin, pas la destination. Et bien, devinez quoi ? Une fois mon set 100% fait-main terminé, sentant encore bon la cire d’abeille, je me suis presque jurée de ne jamais en refaire de similaire. J’étais vraiment fière du résultat, mais le chemin en question a été tellement long et difficile que je me voyais mal remettre les pieds (ou les mains) là-dedans. 

Petit Lenormand sur tranches de bois, made in Lune de Sève

Presque.

Il y a quelques semaines, une nouvelle lubie du même genre s’est emparée de moi sans que je ne m’y attende tellement. Un nouveau projet de la même ampleur qui s’avère évidemment tout autant chronophage que l’a été mon jeu d’oghams à l’époque (la différence, c’est que je suis bien mieux équipée maintenant, ouf !). Encouragée par quelques personnes à qui j’avais vaguement évoqué l’idée, me voilà aujourd’hui lancée dans la réalisation d’un Petit Lenormand sur tranches de bois.

Le Lenormand, j’ai commencé à m’y intéresser sérieusement en début d’année. C’est une méthode de divination dont la base s’apprend relativement vite je trouve, mais qui ne cesse de s’enrichir par la suite. Chaque symbole se teinte peu à peu d’expériences personnelles, on y découvre de nouvelles significations au fur et à mesure de l’utilisation, on étoffe son vocabulaire… Et puis arrive le jour où on aimerait bien avoir un jeu à soi, qui nous corresponde vraiment. C’est exactement comme ça que je me suis retrouvée à griffonner quelques idées par-ci par-là, sur des feuilles volantes d’abord, puis dans un carnet de dessin, pour finalement me retrouver à les graver dans le bois, mon matériau de prédilection, mon compagnon quotidien.

A l’heure où j’écris cet article, mon projet a déjà bien avancé, puisque j’ai terminé les 12 pièces que vous pouvez apercevoir juste au-dessus (oui, je sais, la photo n’en laisse deviner que 11, mais on ne va pas chipoter), soit un tiers des 36 symboles traditionnels du Petit Lenormand. Je n’ai pas encore couché toutes les illustrations sur le papier, mais j’ai une idée plutôt précise de celles encore manquantes. Et bien que ce set soit un projet complètement personnel, j’aimerais en partager l’avancée avec vous 🙂

Il me reste encore bon nombre d’heures à passer dessus avant de voir ce jeu complètement terminé, je ne me fais pas d’illusion là-dessus. Entre la préparation des morceaux de bois, la reproduction du dessin, la pyrogravure, la teinture au brou de noix et la touche d’acrylique qui va avec (et encore, j’aurais pu rajouter des dorures pour corser encore un peu les choses), j’ai de quoi m’occuper encore un bon bout de temps, mais c’est beaucoup plus sereinement que je travaille dessus. Moins de sueur et de pression, et surtout, aucune ampoule à déclarer jusque là 😛

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